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Rencontre avec TvB, poète et musicien américain.

C’est sous le nom de Troy Balthazar, que ce musicien américain, leader du groupe Chokebore a sorti un ouvrage de nouvelles et poésies Caution ! Poison snake ! No entry ! , illustré de dessins de James Kroll, bassiste de Chokebore, et de photos du learder du groupe Dionysos, Mathias Malzieu.

 

Son ouvrage est lumineux, ponctué de couleurs, de paysages, d’animaux, de créatures fantastiques et de musique. Tantôt rationnel, tantôt fantastique ou surréaliste, Troy Balthazar saute d’un univers à l’autre et parvient à nous embarquer sans jamais nous perdre ; au contraire ce foisonnement nous captive, impossible de lâcher le livre.

Dans ces textes on te sent plus léger, apaisé, parfois drôle, mais rassurons tes fans, mélancolie et idées noires envahissent certains poèmes et nouvelles. Est-ce la forme du livre qui te conduit à cette légèreté ou bien te sens-tu toi-même plus léger ?

Je me sens plus léger en général. Je pense qu’avec l’âge et le recul, les choses s’éclaircissent. J’ai passé beaucoup de temps seul à la campagne ce qui a aidé mon monde intérieur à se réparer. C’est un luxe incroyable de passer deux semaines seul avec une forêt devant la maison. Les premiers jours, l’esprit bataille pour retourner auprès des gens, mais ensuite les choses s’installent et j’ai à l’intérieur de moi un espace clair à explorer et réparer. J’ai remarqué que ma musique devient aussi un peu plus légère, mes notes sont plus aérées.

Comme je le disais, tu utilises beaucoup de couleurs dans tes poèmes, a contrario tu as dit plusieurs fois en interview que notre monde manquait de couleurs et que ton monde intérieur était beaucoup plus coloré. Ce livre est donc une retranscription de ta personne ?

Merci. Je trouve toujours qu’à l’intérieur les couleurs sont plus vives. J’y puise mon écriture et ma musique. J’essaie de ne pas décrire directement le monde extérieur, mais plutôt de le faire traverser naturellement le filtre de mon inconscient et de retranscrire ce que je vois. Par exemple, ont peut regarder la mer assis sur un bateau avec des amis, ou se pencher seul et plonger la tête sous l’eau, ouvrir les yeux et regarder en bas. Cette dernière solution est effrayante au début quand on voit à quel point elle est bleue et ouverte, mais c’est aussi très excitant.

Tes nouvelles sont donc aussi une réalité passée au travers de ton prisme personnel ? Certaines sont plus ou moins fantastiques mais dans J’étais sur la plage tu fais clairement mourir ta mère !

L’histoire de ma mère qui a failli se noyer est un moment qui s’est vraiment passée quand j’étais jeune. Je n’en avais jamais parlé à personne parce que j’étais trop gêné. Je n’ai jamais dit non plus à ma mère que je l’avais vue dans l’eau à ce moment-là et que j’étais trop timide pour demander de l’aide. Je lui ai donné la nouvelle à lire récemment. Elle se souvient aussi de ce jour-là et a été choquée de découvrir ma version.

Avec une certaine économie de mots, tu parviens à rendre un univers foisonnant. On sent une maitrise à réduire le nombre de mots au maximum.  Il n’y a pas un mot de trop, mais il ne manque rien non plus. Tu nous livres une sorte de quintessence parfaitement maitrisée.  Tu es quelqu’un de peu bavard, est-ce que ce style vient de là ?

Je préfère être silencieux en général. J’ai grandi ainsi. À Hawaï, j’étais un enfant chétif, les autres étaient beaucoup plus forts. J’ai réalisé que j’avais deux choix. Je pouvais soit les combattre, et perdre, soit être très silencieux pour ne pas me faire remarquer. J’ai choisi la deuxième option et ça a marché. J’ai réussi à éviter les problèmes. Maintenant, en tant qu’homme, je n’ai plus peur de cela, mais j’ai gardé l’habitude d’être calme et respectueux. Cela me libère l’esprit aussi pour travailler sur de nouvelles musiques et écrire pendant que les autres parlent.

Au sujet des textes de tes chansons tu as dit : « La structure même d’une chanson vous pousse parfois à modifier vos premières envies. Car vous suivez la mélodie et que vous ne pouvez pas utiliser tous les mots que vous souhaitez. Vous devez même couper beaucoup ».  Tes poèmes sont très courts, parfois plus courts qu’un texte de chansons ; donc finalement ce n’est pas d’espace dont tu as besoin. Où as-tu trouvé la liberté dans la poésie par rapport à la chanson ?

Les paroles sont toujours dictées par la mélodie de la chanson, je dois donc la découper pour trouver le même sens avec moins de mots que ce que j’avais imaginé au départ. « L’oiseau volait au-dessus de la maison avec ses ailes complètement déployées » pourrait être réduit à « L’oiseau avait les ailes ouvertes » par exemple. Ce genre de coupe est toujours douloureux pour moi mais généralement nécessaire pour s’adapter au format d’une chanson. Je crois que pour la poésie, c’est également important. J’aime décrire une idée ou une image de la manière la plus directe possible et supprimer le poids supplémentaire qui brouille la scène. Ce travail est toujours au service de la chanson, du poème, de la nouvelle.

J’ai lu que tu n’étais pas très content de ton précédent livre de poèmes es-tu plus satisfait de celui-ci ?

Je ne suis pas un grand fan de moi-même. Je n’écoute jamais mes propres disques ou ne lis jamais ce que j’ai écrit après la publication. Lorsqu’un morceau est terminé, je repars sur la nouvelle suivante et une nouvelle chanson. Mais j’aime beaucoup le processus d’écriture. C’est là que je trouve ma liberté.

Pour mieux communiquer avec nous ! En fait, ça ne t’intéresse pas de t’entendre parler. 
Merci de nous emmener dans ton univers coloré, et parfois sombre.

Merci beaucoup. Je compte continuer à écrire de la musique et des mots aussi longtemps que possible, et même un peu plus longtemps.

Contacts :
GAIAR : www.gaiar.com/user/troyvonbalthazar
Site officiel : www.troyvonbalthazar.net
Facebook : www.facebook.com/vonbalthazar

Maison d’édition : eidola.fr/
Label : www.viciouscircle.fr

 

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Interview réalisée par Delphine le 21 septembre 2020, France.
Photos :
Noir et blanc : Jean-Christophe Moine
Couleur : Moine Flavie Durou