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Philomène Follet, autrice phénomène.

Écrivaine, modèle, féministe et enseignante, portrait de la pétillante Philomène Follet.

Jeune femme libre mordant la vie à pleines dents, Philomène aime par dessus tout partager : un livre, un verre, une chanson, des anecdotes et plus encore…  Généreuse et débordante d’activités, testant divers genres littéraires avec réussite, je suis ravie de partager ce moment avec elle et de vous la faire découvrir.

 

Bonjour Philomène, avant de parler littérature peux-tu nous parler de tes combats au quotidien ?

Je suis professeure de français et j’essaie de me battre contre l’illettrisme dans l’établissement où j’enseigne, je teste différentes méthodes. J’aime à partager mon amour de la littérature avec mes élèves mais leur donner les clés pour battre cet illettrisme est un beau challenge.
Je suis aussi modèle pour des photos ou des défilés, parce que je milite pour la pluralité des corps dans la représentation féminine. Je veux participer à libérer les femmes du stéréotype figé qui nous est imposé partout.

Depuis quand écris-tu ?

J’écris depuis une quinzaine d’année. Sur des post-it, des carnets, des journaux intimes ou des blogs.
Mais j’ai vraiment commencé l’écriture de fictions il y a un an.
Mes premières nouvelles sont fantastiques : Dévoration et La chose. Ensuite j’ai écrit deux nouvelles érotiques Toit brûlant et Jus de Clémentine et un carnet de voyage « éthylique » avec Mane qui s’intitule Le paradoxe du troquet.
Dévoration est une sorte de catharsis en quatre nouvelles. J’avais besoin de coucher ces histoires sur le papier. C’était presque vital. Mais écrire du fantastique est ce qu’il y a de plus difficile pour moi. Il faut vraiment fouiller ses entrailles et mettre ses tripes à nu. C’est une aventure déroutante qui emmène aux frontières de la folie.
C’est aussi pour cela que j’ai été vers d’autres genres. Et surtout, parce que j’aime la nouveauté et que je ne veux jamais rester sur des acquis. Toujours expérimenter, créer quelque chose de nouveau.

Tu as publiés ces nouvelles à compte d’auteur et tu as aussi testé le financement participatif. Tu n’as jamais essayé de trouver un éditeur ?

 J’ai publié Dévoration à compte d’auteur aux éditions Mer du sud, mais il n’y a pas trop de suivi éditorial. J’ai du payer 100 euros pour le traitement du manuscrit et j’ai du trouver les salons moi-même, ça n’a pas été une expérience que j’ai eu envie de renouveler.
J’ai aussi fait un financement participatif pour cet ouvrage, dont La chose était une des contributions.
J’avais trouvé un éditeur pour Le paradoxe du troquet, mais je n’avais aucune liberté sur la couverture, je devais faire une dizaine de salons par an et on ne me donnait aucune avance, juste un petit pourcentage sur les ventes, j’ai donc préféré le faire moi-même avec un nouveau financement participatif. Ce crowdfunding nous a rapporté assez d’argent pour enregistrer un morceau et faire un clip dans un bar avec des amis. On s’est bien amusés. Malheureusement on ne peut pas l’exploiter sur GAIAR car c’est une reprise de « Balance ton quoi », et on n’a pas essayé de contacter Angèle pour les droits !
Pour en revenir à ces problématiques de publication, j’ai vu des amies abandonner leur superbe projet faute d’avoir trouvé un éditeur. C’est dommage, leur ouvrage aurait mérité d’être lu. Pour ma part, je ne voulais pas que mes oeuvres restent dans un cahier, je voulais les partager.
C’est important des plateformes comme la vôtre pour diffuser ces histoires.

C’est vrai que ça aurait était dommage. J’ai découvert tes nouvelles fantastiques sur la plateforme, et j’ai vraiment accroché.
Le carnet de voyage Le paradoxe du troquet est original. Tu es partie, avec l’illustratrice, dans des bistrots de campagne à la rencontre des habitués pour qu’ils te livrent leurs meilleures anecdotes. D’où est venue cette idée ?

D’une histoire d’amitié entre l’illustratrice et moi. On se connait depuis 15 ans maintenant et on a l’habitude de fréquenter ensemble les troquets depuis le lycée. Mane aime beaucoup les performances à la Sophie Calle, qui suivait des inconnus dans la rue toute une journée au fil du vent.
Nous sommes toutes les deux sociables. Tu peux nous mettre dans une foule inconnue, elle ne le restera pas longtemps. On nous en a fait la remarque en Février et je crois que c’est là que l’idée a commencé à germer. Autour d’un verre.
Au début, parce que c’était l’obsession du moment, je voulais interroger les passants sur leur plus belle histoire d’amour. Parce que j’avais lu une série de chroniques dans Le Monde l’été d’avant. Mais Mane a suggéré l’idée de la cuite. Parce que les habitués des troquets allaient nous livrer toutes sortes d’histoires, au-delà d’un simple thème.
Et c’est ainsi que nous sommes parties, en sac à dos, avec juste une carte routière en main. Sans savoir où nous irions.

Y a-t-il un lien dans ton militantisme féminin et tes nouvelles érotiques ?

Oui. Tout simplement parce que l’érotisme, si cette littérature a encore un sens au siècle de YouPorn et de PornHub, doit apporter plus à la femme. Lui permettre d’explorer ses fantasmes, ses pulsions, ses envies les plus secrètes.
Mais je pense aussi que c’est à double-tranchant. Car enfermer ses fantasmes dans de la fiction, c’est aussi ne pas vivre les choses. De peur de souffrir, d’expérimenter ce qui pourrait écorcher.
Et ce n’est pas cette parole que je voudrais porter. Au contraire, j’aimerais écrire des nouvelles érotiques qui seraient un tremplin pour que les femmes osent s’emparer de leurs désirs afin de les vivre pleinement, sans tabou.
On m’a permis de le faire et je souhaite retourner ce cadeau au monde. Simplement offrir cette possibilité aux lecteurs et lectrices, le temps d’un instant. A eux de la saisir !

Quels sont tes projets littéraires ?

Je prépare des chroniques littéraires pour une radio. J’aimerais aussi écrire un roman mais de format assez court. Je voudrais tendre vers une sorte de simplicité, mais je ne me suis pas encore lancée. J’ai aussi en tête l’écriture d’un docu-fiction sur l’amour non exclusif.
J’ai commencé l’écriture d’une série de nouvelles horrifiques vegan. Mais je ne peux pas en dire plus, à part que ce sera très sanglant et que ça portera sur un combat personnel qui est la défense des animaux. Je cherche surtout un illustrateur avec qui collaborer pour ce projet. J’ai adoré le mélange écriture-dessin et je souhaiterais poursuivre ainsi.
Et dans un futur plus lointain, je me fantasme comme la future Barbara Cartland Française, dans un manoir gothique peint en rose, entourée de caniches dont un s’appellerait Carnage. Et avec une coupe de champagne rosé à la main, of course ! ( Tout ceci étant ironique bien entendu).

Il faudra que je vienne réaliser une nouvelle interview dans ce manoir si tu veux bien. À très vite sur GAIAR pour tes prochaines publications.

Pour les textes à prix libre, pensez à récompenser l’autrice du montant qui vous semblera le plus juste.
Vous pouvez créditer votre compte du montant que vous voudrez, cet argent sera stocké dans votre portefeuille pour vos futurs paiements aux auteurs de GAIAR. Pensez qu’ils en ont besoin pour poursuivre leurs créations !

Interview réalisée par Delphine en novembre 2019, France.
Photos : Philomène Follet (Main et cahier) et Dybo Pixell (Portrait)