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ALALÁ en interview

Rencontre avec Goul le leader du groupe ALALÁ.

ALALA MADATOUR 2017

ALALÁ, c’est une configuration pop (guitares, basse, voix, batteries-percussions), avec des textes en malagasy – langue de Madagascar – et cinq musiciens d’origines diverses.

Le métissage musical est plus que réussi et les sonorités que chacun apporte dans son bagage fait de ALALÁ un groupe planétaire, un peu d’ici, un peu de là et de là-bas, mais bien ancré dans son époque.

Leur premier EP « Eo Ary » est sorti fin 2016 et le second « Masaka » fin 2018.
Ils font partie des pionniers des premiers déposants sur la plateforme et nous en sommes plus que ravis.

Ce qui marque chez ALALÁ, c’est la polyphonie particulièrement réussie du groupe. Trois voix uniques, un homme et deux femmes, qui s’enroulent les unes autour des autres sans jamais se fondre l’une dans l’autre. Chacun garde son identité, mais en même temps une harmonie unique se crée. Est-ce que les polyphonies sont une forte tradition malgache ?

Les polyphonies sont pratiquées dans plusieurs régions de Madagascar. Cependant les harmonies que l’on fait sonner avec Alice et Laurie ne sont pas créées dans l’intention de coller aux harmonies traditionnelles malgaches, notamment parce qu’elles n’ont pas cette culture. Ce qui est intéressant c’est que l’on invente autre chose tout en renvoyant l’imaginaire à cette forte tradition dont on s’inspire. Ici ou à Madagascar, les gens nous disent que ça sonne différemment de ce qu’ils ont l’habitude d’entendre.

Tu chantes en malgache, as-tu pensé à intégrer du français, pourquoi pas de l’anglais, et à mêler les langues comme vous mêlez les voix ?

Oui, c’est agréable de changer de langue mais je ne pense pas avoir vraiment envie de chanter en anglais pour l’instant, c’est une langue qui résonne moins pour moi. Il m’est déjà arrivé d’écrire et de composer en français. C’est une langue qui m’inspire et un univers que je continue d’explorer. Je ne sais pas où cette envie nous mènera pour le moment.

Est-ce que tu parles des mêmes choses dans ces deux langues ?

Oui, plus ou moins, mais j’accorde plus d’importance à la dimension née de l’écriture que le thème en lui-même. Je compose souvent sans idée en tête. Une impression, une ambiance, une vision et de vagues intuitions suffisent à me lancer. Mon écriture est généralement très visuelle, sensorielle et contemplative, comme des instants captés. Les deux langues me permettent de me laisser aller plus facilement à ces tendances. Le malagasy est une langue très imagée et qui est faite, entre autres, de mots valises ; par exemple un frigo, on appelle ça « la-caisse-qui-garde-au-frais ». Elle permet beaucoup de possibilités d’écriture et je ressens une excitation particulière dans le fait de transformer des mots, créer de nouvelles associations et jouer avec eux.
J’ai vécu mon enfance et mon adolescence à Madagascar et ensuite je suis venu en France pour faire mes études dans les arts graphiques et le cinéma d’animation. Le malagasy est une langue profondément nostalgique qui est habitée par le sentiment d’éloignement. Elle m’accompagne et j’y suis très attaché. Quant à la langue française, c’est une autre expérience, une autre musique. On verra bien !

Vous êtes indépendants, comment gérez-vous vos ventes d’albums et vos concerts ?

On aimerait bien rester indépendants, c’est important pour nous. Cela n’exclut pas notre envie et besoin d’être professionnellement plus entouré. Notre deuxième EP, nous l’avons co-produit avec le Studio Vauban. Na Omni Production est notre éditeur, qui nous a aussi aidé dans la mise en relation avec certains médias. Actuellement, on est à la recherche d’un tourneur. Nos productions sont accessibles sur les différentes plateformes internet et les achats s’effectuent principalement via notre site web et lors de nos concerts.
Nous jouons dans les salles, les festivals et autres lieux à caractère plus convivial. En parallèle, grâce au bouche à oreille et aux réseaux sociaux, nous organisons des concerts chez l’habitant, où l’accueil est toujours bon. C’est une manière de prendre en main notre développement et de signifier l’importance pour nous de créer un vrai lien avec les personnes qui veulent se rapprocher de cette musique et de notre univers. Nous projetons aussi de faire des concerts sauvages (ndrl : concerts surprises, souvent assez courts, dans un lieu public ou gardé secret sans autorisation préalable).

Vous avez pas mal de vues sur vos vidéos, est-ce qu’elles vous aident vous aide à traverser les frontières ?

ALALÁ est un groupe qui s’est créé en France. Nous nous sommes d’abord faits connaître sur les scènes en France. Depuis, nous avons multiplié les productions et les contenus sur internet qui nous ont vraiment permis de gagner un peu plus en visibilité, attirant l’attention du public à Madagascar et de sa diaspora. Nous avons eu la chance de réaliser une première tournée là-bas en 2017. Face à une demande grandissante de la part du public, on est train de voir pour remettre ça ! Nous avons comme projet d’y retourner. Peut-être cette année si tout se passe bien ? Nous avons une affinité particulière avec Madagascar, mais nous constatons aussi que notre langage touche, traverse les a priori et le carcan des appartenances. J’ai toujours en tête la salle bondée lors de la soirée de sortie de « Masaka » à la maison du Off. Ces sourires, cette présence remplie de bonnes énergies, c’est de ces instants que se nourrit l’esprit ALALÁ !

Merci d’avoir répondu à mes questions Goul. On ne perd pas le contact, on se retrouve très vite sur GAIAR avec vos prochains dépôts d’œuvres. Un dernier mot à ajouter ?

GAIAR répond aux besoins de son époque où les utilisateurs veulent de la transparence. Que cette plateforme puisse se développer davantage et faire le bonheur de ses visiteurs et des artistes qui adhéreront à son concept !

Ho merci Goul ! À très vite !

Contact groupe :
Email : contact@alala.mg
GAIAR : https://www.gaiar.com/c/alalamg
Site officiel : www.alala.online
Facebook : http://facebook.com/alalamg

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Si leur musique vous a plu, récompensez les artistes sur ces vidéos au prix qui vous semblera le plus juste.
Vous pouvez créditer votre compte du montant que vous voudrez, cet argent sera stocké dans votre portefeuille pour vos futurs paiements aux auteurs de GAIAR. Pensez qu’ils en ont besoin pour poursuivre leurs créations !

Interview réalisée par Delphine le 20 juin 2019, France.
Photos : Arivola Rakotoarimasy